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 Monsanto- Rondup et Bayer

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MessageSujet: Monsanto- Rondup et Bayer   Sam 25 Mar 2017 - 19:52

Bonjour

Ce sujet est suffisamment important pour lui consacrer un dossier à lui seul, la santé future d'une bonne partie de la planète en dépend.

source https://theconversation.com/strategie-dentreprise-le-rapprochement-bayer-monsanto-en-questions-61513
Stratégie d’entreprise : le rapprochement Bayer Monsanto en questions
27 juin 2016


Le secteur mondial de l’agrochimie (engrais, pesticides, semences…) est à l’intersection du monde des affaires, de l’industrie et de l’agriculture et concerne l’activité de centaines de millions d’agriculteurs dans le monde. Dans un contexte international concurrentiel et tendu, les « big six » du secteur : les américains Monsanto, DuPont et Dow Chemical ; les allemands Bayer et BASF ; le suisse Syngenta se rapprochent et cherchent à fusionner. Le pire cauchemar des anti-épandages chimiques !

Dans ce climat, Monsanto a lancé une offre d’achat sur Syngenta en mai 2015, sans résultat. Une seconde en juin, également rejetée. Irrité par les offres à répétition, Michel Demaré Président du conseil d’administration de Syngenta explique son refus à la tribune de Genève le 24 mai par deux arguments :

Une fusion Syngenta-Monsanto aurait obligé le groupe Suisse à céder son activité OGM, où il occupe la troisième place mondiale, avec 8 % du marché… Et la volonté de Monsanto de transférer son siège mondial à Bâle n’aurait pas été acceptée par l’administration fiscale américaine.
Au mois de novembre, c’est finalement ChemChina (China National Chemical) qui s’intéresse à l’acquisition de la firme Syngenta. L’achat par ChemChina est officialisé en février 2016 pour une coquette somme de 40 milliards d’euros environ. Monsanto perd donc la bataille face au chinois. À cela s’ajoute la fusion en décembre 2015 entre Dow et Dupont.

Tel est pris qui croyait prendre : la surprise est venue de Bayer au mois d’avril avec son opération d’achat de Monsanto. À ce jour, les discussions entre les deux groupes, Bayer et Monsanto, sont toujours en cours et pourraient aboutir à l’émergence d’un mastodonte… Ce géant verra-t-il le jour ?

Fusion, rapprochement, acquisition
Au-delà du cas Bayer Monsanto, ce sont des opérations stratégiques privilégiées par de nombreuses entreprises qui cherchent une consolidation de leur industrie, une économie d’échelle ou une diversification. D’autres rapprochements se font principalement sur la base de considérations fiscales : l’utilisation de l’excèdent de trésorerie des filiales cash trap pour faire des acquisitions et économiser ainsi des impôts en cas de rapatriement du cash aux USA, par exemple ; d’autres endettent volontairement leurs filiales pour opérer des acquisitions… Nous avons tous en tête l’échec du rapprochement des deux groupes pharmaceutiques Pfizer et Allergan en avril 2016, un projet gigantesque de 150 milliards d’euros, qui privilégiait une optimisation fiscale par une localisation en Irlande.

Dans le monde des « fusaq », certaines opérations sont présentées comme des fusions alors, qu’en réalité, elles sont des acquisitions, d’autres sont des acquisitions non suivies d’une fusion. Ce qui réserve souvent de mauvaises surprises à l’arrivée. Sans aborder les aspects environnementaux très vifs dans les esprits, le rapprochement, entre Bayer et Monsanto, soulève trois interrogations majeures et permet d’illustrer quelques dimensions des « fusaq » :

Les acquéreurs vont-ils voir la valeur de leurs investissements augmenter ?
La part du marché du nouveau portefeuille d’activités sera-t-elle supérieure ou égale à la somme des deux parts des marchés précédents sans prendre, bien évidemment, le risque d’une position dominante ?

Les dirigeants sont-ils porteurs d’une réelle stratégie industrielle au-delà d’une bataille d’ego ?

La valorisation proposée est-elle justifiée pour les investisseurs ?
55 milliards d’euros : c’est le prix astronomique que Bayer mise pour acheter Monsanto. Le patron de Bayer, Werner Baumann, propose d’acquérir la totalité des actions de Monsanto émises et en circulation pour 108€ par action.

Cette offre représente une prime pour les actionnaires de 37 % par rapport au cours de clôture des actions le 9 mai 2016 (78,3€ par action) et 33 % par rapport à la moyenne des cours des derniers six mois. C’est l’un des plus gros achats effectués par une société allemande à l’étranger. La réaction de la bourse de Francfort est prudente : la valeur de Bayer a baissé de près de 13 % à 72 milliards d’euros depuis le 9 mai date des premiers bruits sur cette fusion. En effet, à court terme, le recours à la dette dégradera le bilan de Bayer tandis que l’augmentation de capital risque d’avoir un effet dilutif de l’actionnariat.

55 milliards d’euros : c’est 15,8 fois l’EBITDA de Monsanto (earnings before interest, taxes, depreciation and amortization en français notion proche de l’excédent brut d’exploitation). L’EBITDA est une notion très utilisée par les banquiers d’affaires. Ce multiple (15,8) renseigne l’acheteur sur le nombre d’années nécessaires avant de récupérer le prix payé au moment de l’achat, dit autrement, le retour sur investissement. Les prêteurs l’utilisent pour estimer la solvabilité de l’opération et la capacité de l’acheteur à rembourser dans le cas où le financement se fait par la dette. Ce multiple semble deux fois plus élevé que les références des secteurs proches qui sont de l’ordre de 7 à 8, étude publiée par EY en 2014. Ce qui soulève naturellement des interrogations !

Jusqu’où payer trop cher ?
Malgré ce prix, l’affaire connaît un rebondissement le mardi 24 mai 2016 : Monsanto estime l’offre de Bayer trop basse et dit « non ». Le spécialiste des OGM et fabricant de l’herbicide Roundup, rejette l’offre de son rival Bayer célèbre par son pesticide le Gaucho. Les négociations ne sont pas rompues. Dans ce genre d’opérations, l’acheteur accepte souvent de surenchérir pour acquérir la cible. Il peut emporter la bataille pour le contrôle mais à un prix beaucoup plus élevé, c’est ce qu’on appelle « the ‘Winner’s Curse » (la malédiction du vainqueur) une cause fréquente d’échec.

Les analystes financiers s’attendent, en effet, à une surenchère de la part de Bayer, malgré les réticences des actionnaires qui ont vu les cours de l’action Bayer baisser de 5,64 % à l’annonce de l’offre d’achat. L’agence de notation Moody’s anticipe une dégradation de la note de solvabilité de Bayer puisque le montage financier de l’opération repose principalement sur la dette. Selon Markus Manns, gérant de portefeuille chez Union Investment et actionnaire de Bayer : « cette opération a du sens mais pas à n’importe quel prix. C’est la limite supérieure acceptable pour assurer une viabilité économique. Si ce prix doit augmenter, ce qui pourrait bien arriver, le rachat deviendrait de moins en moins attractif ». http://investir.lesechos.fr/actions/actualites/bayer-annonce-une-offre-d-achat-de-62-mds-sur-monsanto-1553887.php

Le rapprochement vu sous l’angle de la concurrence
Les autorités de la concurrence pourraient-elles autoriser le rapprochement ? Exigeront-elles des cessions d’actifs avant de donner le feu vert ?

Sur le plan du portefeuille d’activités, le rapprochement ambitionne de proposer une offre complète aux agriculteurs incluant les semences, les engrais, le conseil, les équipements et les « services climatiques ». Ces services, sont axés sur l’analyse du risque agricole et l’assurance des cultures via The Climate Corporation (start-up acquise par Monsanto). https://en.Wikimédia.org/wiki/The_Climate_Corporation. Bayer s’engagerait alors à garder le siège et le centre de recherche sur les semences à St Louis dans le Missouri et la division The Climate Corporation en Californie.

Le PDG de Bayer se dit, conscient que Monsanto est une entreprise controversée mais également prêt à rencontrer des ONG pour répondre aux préoccupations concernant la crainte d’une augmentation des prix et une réduction des choix des consommateurs. Il promet aux défenseurs de l’environnement le respect strict des normes éthiques si Bayer parvient à acquérir Monsanto.

Il n’en demeure pas moins qu’à la suite de l’annonce officielle par le groupe de son projet d’achat de la firme Monsanto, la société de gestion de portefeuille La La Financière Responsable, a ainsi décidé de céder les titres Bayer en sa possession pour la raison suivante :

elle estime qu’elle est en face d’une incompréhension stratégique. La société Monsanto est très controversée dans le domaine de la Responsabilité Sociétale des Entreprises, et fait face à de nombreuses polémiques.

Synergies et redondances
Nous sommes ici face à un cas où l’énergie qui sera déployée pour rendre compatibles deux cultures d’entreprises se traduira inévitablement par une érosion commerciale source d’échec d’une majorité des rapprochements. En plus, les autorités de la concurrence américaine et européenne peuvent cependant se réveiller pour empêcher la naissance d’un groupe qui contrôlerait près 37 % du marché mondial de l’agrochimie. Elles peuvent également donner un feu vert conditionné à la cession d’actifs ou à un désinvestissement de certains marchés pour éviter une position dominante.

Les deux groupes Bayer et Monsanto fusionnés pourraient se voir obligés de céder une partie de leurs actifs. Par exemple, Bayer pourrait craindre une demande de cession de son portefeuille santé. Et ceci malgré les propos rassurants de Werner Baumann qui répète qu’il ne se séparerait pas des activités pharmaceutiques historiques du groupe comme l’aspirine. Sinon, Bayer doit dresser une frontière étanche entre la vente de l’aspirine et la vente des phytosanitaires, une question de confiance pour les consommateurs. Une question qui s’est déjà posée au groupe Mars concernant ses barres chocolatées et ses aliments pour chiens. L’Américain John Deere pourrait également chercher prendre le contrôle de l’activité numérique développée récemment par Monsanto notamment. Reste qu’il n’est pas encore dit que ce mariage annoncé soit autorisé.

Stratégie industrielle ou bataille d’ego
Si l’on reste sur le plan industriel, une fusion-acquisition se justifie toujours par la volonté d’acquérir des ressources ou des compétences éloignées de son cœur de métier ou complémentaires (Microsoft LinkedIn ou Facebook WhatsApp par exemple). Mais une fusion-acquisition peut aussi simplement s’expliquer par des raisons psychologiques, voire puériles : c’est le mimétisme. Dans un secteur donné, dès qu’un rapprochement est médiatisé, les autres acteurs du marché se précipitent pour se rapprocher à leur tour, pour ne pas se laisser dépasser en termes de chiffre d’affaires et d’image, même si cela n’est évidemment pas toujours couronné de succès.

D’autres dirigeants peuvent être faussement indifférents. Ainsi, le groupe allemand BASF observe le rapprochement de Bayer avec Monsanto. Son vice-président Martin Brudermüller a déclaré, lors d’une conférence de presse, que

le modèle d’affaires de BASF ne sera pas affecté, l’entreprise n’est pas menacée, ses activités sont rentables. BASF est une entreprise innovante de protection des cultures avec un pipeline complet. En outre, l’activité de protection des cultures de BASF n’est pas négligeable
Par ailleurs, les intermédiaires dans les transactions arrivent à convaincre les dirigeants hésitants de l’intérêt de se lancer dans une opération d’acquisition et que s’ils ne deviennent pas acquéreurs, ils deviendraient cibles et perdraient au passage leur poste avec une image de mauvais stratège. Le poids des hommes et des ego sont déterminants.

Ces considérations peuvent prendre le pas sur la stratégie industrielle et donner l’illusion de grands stratèges, sources de difficultés futures.

Comme on vient le voir, dans le cas de Bayer Monsanto, beaucoup d’obstacles restent à franchir, sans parler des actions des opposants à l’industrie agrochimique et à ce rapprochement en particulier ! Mais ce n’est pas le sujet ici.

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source https://theconversation.com/tribunal-monsanto-la-societe-civile-se-saisit-des-crimes-contre-la-nature-67115
Tribunal Monsanto : la société civile se saisit des crimes contre la nature
16 octobre 2016,


Un tribunal émanant directement de la conscience populaire reflète une idée qui fera du chemin », disait le sénateur italien Lelio Basso qui fut à l’initiative de la création, en 1979, du Tribunal permanent des peuples. Tel est le but avoué du Tribunal Monsanto qui a siégé ces 14, 15 et 16 octobre 2016 à la Haye : faire de la conscience publique une source du droit.
http://fr.monsantotribunal.org/

Fruit de la société civile internationale qui le finance, ce tribunal s’est donné pour mission de juger Monsanto, société transnationale ayant récemment fusionné avec Bayer.

Monsanto a commercialisé l’agent orange – défoliant déversé en millions de litres par l’armée américaine durant la guerre du Vietnam –, mais aussi d’autres herbicides puissants tels que le Roundup
https://theconversation.com/les-e-citoyens-auront-ils-la-peau-du-roundup-61495
et le Lasso (désormais interdit en France), ou encore les PCB (polychlorobiphényles) qui font partie des polluants organiques persistants… autant de produits mis en cause pour leur impact sur l’environnement et la santé.

Cette multinationale cristallise en soi les débats environnementaux et sanitaires contemporains. Monsanto promeut un modèle agro-industriel qui, de l’avis des organisateurs du tribunal,
http://fr.monsantotribunal.org/Pourquoi_
pèse sur les émissions de gaz à effet de serre, est « largement responsable de l’épuisement des sols et des ressources en eau, de l’extinction de la biodiversité » et menace, en outre, « la souveraineté alimentaire des peuples par le jeu des brevets sur les semences et de la privatisation du vivant ».

Un tribunal plus vrai que nature
Le Tribunal Monsanto n’est pas le premier du genre. À l’instar du Tribunal Russell-Sartre sur le Vietnam, du Tribunal permanent des peuples – qui s’est prononcé sur les catastrophes de Bhopal (en 1992) puis de Tchernobyl (en 1996) – ou plus récemment du Tribunal international de conscience des crimes contre la nature (initié par Edgar Morin), ce « tribunal citoyen » s’appuie sur l’autorité de ses membres.

Il existe, toutefois, de la part du Tribunal Monsanto, une volonté marquée de rivaliser avec les « véritables » juridictions internationales. Il en reprend d’ailleurs les codes : son siège se trouve à la Haye, à l’instar de la Cour pénale internationale et de la Cour internationale de justice ; ses membres sont des juristes : il compte notamment parmi eux, Françoise Tulkens qui a été juge à la Cour européenne des droits de l’homme ; on note également, dans la composition du tribunal, un effort de représentativité géographique, en accord avec les canons onusiens.

La procédure qui sera suivie s’inspire, elle-même, de celle de la Cour internationale de justice. Comme le peut cette juridiction interétatique, le Tribunal Monsanto rendra un avis consultatif ; cette procédure a pour objectif d’apporter un éclairage juridique sur une question de droit. À cette fin, des « plaignants » seront auditionnés ; les avocats des « victimes » remettront au juge des conclusions.

Le tribunal a également cherché à respecter le principe du contradictoire qui permet à chaque partie à un procès d’être entendu. Toutefois, Monsanto a, semble-t-il, décliné l’invitation qui lui avait été adressée de présenter ses arguments juridiques devant ce tribunal « moral ». Il s’agira donc d’un procès par contumace.

Les juges du Tribunal Monsanto ont pour tâche de déterminer si cette firme est responsable de violations de droits humains et de crimes internationaux : la société Monsanto a-t-elle, par ses activités, porté atteinte au droit à un environnement sain, au droit à l’alimentation, au droit à la santé ou/et à la liberté de recherche scientifique ? Et Monsanto peut-il être considéré comme responsable de crime de guerre ou de crime d’écocide ?

Hard law, soft law et droit prospectif
Le droit qui sera appliqué par les juges pour se prononcer est un mélange habile de hard law (droit international obligatoire), de soft law (droit international non obligatoire) et de droit prospectif.

En effet, si le droit à la santé et à l’alimentation ou à la liberté de recherche scientifique sont reconnus dans les conventions internationales des droits de l’homme (droit obligatoire), seuls des États sont parties à ces conventions ; en d’autres termes, les sociétés transnationales telles que Monsanto ne sont pas appelées, en principe, à rendre compte de la façon dont elles les respectent auprès des juridictions ou organes internationaux de protection des droits de l’homme.

C’est pourquoi, pour rendre opposables ces droits à Monsanto, le tribunal s’appuie à titre complémentaire sur un instrument de soft law : les principes directeurs des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme. Selon ces principes, les entreprises « devraient » respecter les droits de l’homme, éviter d’y porter atteinte et de remédier aux incidences négatives sur ces droits dans lesquelles elles ont une part.

Ces principes ont été adoptés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU en juin 2011 dans une résolution qui est, en soi, non obligatoire (soft law). Dans le même sens, s’agissant du droit à un environnement sain – encore balbutiant dans l’ordre juridique international – les juges du tribunal s’appuieront à nouveau sur une résolution du Conseil des droits de l’homme : la résolution 25/21 du 15 avril 2014 relative aux « droits de l’homme et à l’environnement » qui, elle non plus, n’est pas en soi obligatoire.

Sur le plan pénal, le montage juridique est tout aussi complexe. Pour apprécier la responsabilité de Monsanto en matière de crimes de guerre, le statut de la Cour pénale internationale servira de référence. Toutefois, alors que cette Cour n’a compétence que pour juger les personnes physiques, le Tribunal Monsanto appréciera, pour sa part, la responsabilité pénale internationale de cette société multinationale, c’est-à-dire d’une personne morale, ce qui est novateur en droit international. Concernant le crime d’écocide, il s’agit là de droit de lege ferenda, c’est-à-dire d’une norme juridique qui n’existe pas encore et que l’on souhaiterait voir adopter.

L’écocide ou les limites du droit international
Dans le monde, une dizaine d’États reconnaissent et punissent l’écocide en tant que tel dans leur droit national. Tel est le cas du Vietnam, pour des raisons historiques bien compréhensibles, mais également de la Russie et d’autres pays de l’ex-URSS.

Dans l’ordre juridique international, l’écocide n’est réprimé que partiellement et indirectement. En période de conflit armé, les dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel – à l’instar de ceux causés par l’utilisation de l’agent orange au Vietnam – peuvent, à certaines conditions, constituer un crime de guerre.

Dans le même sens, certaines atteintes à l’environnement peuvent, en temps de paix comme de conflits, être qualifiées de crimes contre l’humanité si elles constituent des persécutions et ont pour cadre une attaque généralisée ou systématique lancée contre une population civile. Si ces atteintes visent, en outre, à soumettre intentionnellement un groupe humain à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique, elles seront alors punies au titre de génocide.

Le droit international, cependant, est lacunaire : il ne réprime pas de manière autonome l’écocide. L’idée de punir les crimes contre l’environnement les plus graves n’est pourtant pas nouvelle. En 1986, déjà, la Commission du droit international de l’ONU a cherché à incriminer « toute atteinte grave à une obligation internationale d’importance essentielle pour la sauvegarde et la préservation de l’environnement humain » dans son projet de Code de crime contre la paix et la sécurité de l’humanité. Mais les dissensions entre États sur la question étaient telles que l’idée a finalement dû être abandonnée.

Le concept d’écocide, parce qu’il fait image, a toutefois contribué à populariser ces dernières décennies ce projet d’incrimination : de la même manière que détruire des groupes humains est puni par le droit international (génocide), la destruction de notre Terre-Mère, notre maison (éco en grec) se doit désormais d’être considérée comme un crime supranational (écocide).

L’écocide n’est pas une infraction environnementale « ordinaire » ou « banale » ; sa caractéristique principale est son exceptionnelle gravité. C’est là que réside la principale difficulté de l’entreprise : comment définir et apprécier cette gravité et cette exceptionnalité ? Et l’acte répréhensible devra-t-il être intentionnel ou couvrira-t-il aussi les négligences ? Dans le champ du droit pénal, plus encore que dans les autres branches juridiques, la précision juridique revêt une importance fondamentale.

Si cette entreprise de définition est difficile, elle mérite néanmoins d’être menée. De la même manière que le crime contre l’humanité se manifeste par des actes matériels tels que le meurtre, la déportation, la torture ou le viol, l’écocide pourrait se concrétiser par des actes précis et déterminés tels que la pollution massive de l’air ou de l’eau ou encore l’extermination d’une espèce de faune ou de flore. Sans aucun doute, cependant, une réflexion sur l’élément moral des crimes internationaux devra être conduite si l’on souhaite inclure dans le champ de ce nouveau crime les atteintes accidentelles à l’environnement, avec leur lot de marées noires et de catastrophes nucléaires.

Le réveil de la conscience juridique des peuples
Le Tribunal Monsanto contribuera-t-il à faire évoluer le droit international positif (c’est-à-dire le droit en vigueur) ?

Sans aucun doute, ce procès Monsanto initié par des « citoyens du monde » ne peut qu’écorner l’image du géant des produits phytosanitaires. Cette technique de « name and shame » (« nommer et couvrir de honte ») est bien connue des enceintes internationales et elle ne peut rester sans effet dans un monde où les entreprises recourent de plus en plus au greenwashing.

Ce procès se veut aussi didactique. Il vise à informer l’opinion publique sur les pratiques de cette société et leur impact sur les droits humains. Il s’agit ainsi de réveiller la conscience juridique des peuples. À ce titre, il est révélateur qu’en parallèle des audiences du tribunal, se tienne ce qui a été nommé « l’Assemblée des peuples ». Dans le cadre de cette assemblée, des conférences, notamment sur les droits humains, des ateliers et des animations sont assurés.

Le Tribunal Monsanto pourrait également contribuer à fournir une aide juridique aux victimes de la firme ou d’autres sociétés multinationales de même nature. Le tribunal, en effet, envisage de mettre à disposition un dossier pouvant être utilisé par ces victimes lors d’éventuelles poursuites.

Dans un tel contexte, ce tribunal pourrait bien être l’antichambre d’évolution du droit international. En jugeant Monsanto, il prépare les esprits au principe d’une responsabilité pénale internationale des sociétés multinationales. De plus, il resserre l’étau autour des États souverains qui, à plus ou moins long terme, seront contraints d’examiner plus avant l’opportunité de réprimer dans l’ordre juridique international le crime d’écocide.

Les affaires en la matière se multiplient : en 2008, la Cour de justice internationale, qui juge les États, a été saisie d’une affaire d’épandage aérien d’herbicide à la frontière entre l’Équateur et la Colombie ; si cette affaire a été classée en 2013, à la suite d’un accord entre les deux pays, elle révèle néanmoins des tensions toujours plus vives sur ces questions, y compris entre États.

Pour que l’écocide puisse être réprimé, il serait nécessaire de réformer le statut de la Cour pénale internationale. Récemment, cette juridiction a émis des signaux encourageants en ce sens : dans son document de politique générale relatif à la hiérarchisation des affaires, le Bureau du procureur précise qu’il s’intéressera particulièrement aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou génocides impliquant « des ravages écologiques, l’exploitation illicite de ressources naturelles ou l’expropriation illicite de terrains ».

Pour autant, cela ne signifie nullement que la Cour pénale internationale sera désormais compétente pour connaître du crime d’écocide en soi. Pour ce faire, il faudrait recueillir au préalable l’accord de la majorité des deux tiers des États partis à la CPI, soit pas moins de 82 pays, ce qui paraît difficile lorsque l’on sait le temps qui a été nécessaire pour créer initialement cette Cour.

Toutefois, la société civile internationale – l’humanité citoyenne comme elle se plaît à se présenter – cherche désormais à concurrencer le monde des États. Elle sait créer des valeurs et elle sait aussi susciter ces situations irréversibles, « qui rendent impossibles certaines prises de position par les États ». À cette fin, le 10 décembre prochain, lors de la Journée internationale des droits de l’homme, le Tribunal Monsanto rendra public son avis juridique.

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Allez sur le site pour connaitre des informations plus approfondies.


Dernière édition par Libellule le Mer 29 Mar 2017 - 15:55, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Monsanto- Rondup et Bayer   Sam 25 Mar 2017 - 19:53

Cette nouvelle m'a attristée autant qu'elle m'a mise en colère.

Source http://www.reponsesbio.com/2017/02/26/bayer-achete-monsanto-nature-tremble/#commentaires
Quand Bayer achète Monsanto, la nature tremble !
26 février 2017


Assises sur de gigantesques monticules de morts, les deux plus tristement célèbres industries chimiques jamais connues, viennent de s’unir pour leur meilleur et notre pire.

Récemment approuvé par l’actuel président des Etats-Unis, ce mariage n’est pas sans rappeler les trusts expérimentaux de la seconde guerre mondiale.

Pour bien comprendre l’aspect dramatique de cette alliance entre les firmes Bayer et Monsanto, il est tout d’abord essentiel de s’intéresser tant à l’objectif, qu’à l’histoire de ces deux monstres de l’industrie chimique.

Un rapprochement qui n’est pas sans rappeler celui du trust IG Farben, peu avant la seconde guerre mondiale.

Qui est Bayer ?
Si c’est à Bayer que nous devons la version la plus toxique de l’aspirine à base d’acide acétylsalicylique, dont Monsanto deviendra le premier producteur autour des années 20, ils sont également à l’origine :
→ du gaz moutarde, utilisé pendant la première guerre mondiale,

 → du Zyklon-B, créé spécifiquement pour exterminer les prisonniers des camps de concentration nazis,

 → de l’héroïne, la drogue synthétique la plus meurtrière au monde,

 → du scandale du sang contaminé, avec des transfusions sanguines inoculant le virus du sida à des bien-portants,

 → d’accidents vasculaires chez des femmes, en lien avec la prise de pilules contraceptives (Yasmin & Yasminelle),

 → ainsi que de milliers d’autres médicaments aux effets secondaires mortels.

Et lorsqu’il est question de devenir et de rester le numéro un mondial, le credo de Bayer semble être :
« Les dictatures sont à la mesure de notre imposture »

Ils n’ont ainsi pas hésité un instant à collaborer étroitement, voire à soutenir franchement la politique des plus grands criminels de l’histoire en commençant par Hitler jusqu’à Pinochet, en passant par Sadam Hussein.

Carl Duisberg, ex-dirigeant de Bayer, qui fut aussi un des fondateurs du groupe IG Farben, inventa notamment les travaux forcés pour les prisonniers de guerre.

Et c’est à sa demande que l’on déporta plusieurs milliers de Belges qui devaient travailler, de force évidemment, dans l’’industrie chimique.

Si le projet fut rapidement abandonné en raison de l’indignation suscitée sur le plan international, ce ne fut que partie remise.

Durant la seconde guerre mondiale, ce concept a connu une apogée terrifiante lors du génocide perpétré au camp de concentration de Monowitz (Auschwitz III), appartenant justement au groupe ’IG Farben.

’IG Farben a ainsi réduit en esclavage plus de 300 000 forçats, dont strictement aucun ne sortira vivant du camp.

La preuve de ces exactions se trouve dans le numéro de février 1947 du Patriote Résistant publiant les extraits de cinq lettres adressées par la Maison Bayer au commandant du camp d’Auschwitz, trouvées au moment de la libération par l’Armée rouge, en 1943.

Elles en disent long sur les méthodes du nouveau plus grand groupe mondial de l’industrie chimique :
Lettre #1 :
« En vue d’expérimenter un soporifique, vous serait-il possible de mettre à notre disposition quelques femmes et à quelles conditions, toutes les formalités concernant le transfert de ces femmes seront faites par nous. »

Lettre #2 :
« Nous accusons réception de votre lettre.
Considérant le prix de 200 marks exagérés, nous offrons 170 marks par sujet, nous aurions besoin de 150 femmes. »

Lettre #3 :
« D’accord pour le prix convenu. Veuillez donc faire préparer un lot de 150 femmes saines que nous enverrons chercher très prochainement. »

Lettre #4 :
« Nous sommes en possession du lot de 150 femmes. Votre choix est satisfaisant quoique les sujets soient très amaigris et affaiblis. Nous vous tiendrons au courant du résultat des expériences. »

Lettre #5 :
« Les expériences n’ont pas été concluantes. Les sujets sont morts. Nous vous écrirons prochainement pour vous demander de préparer un autre lot. »

Force est de constater qu’aujourd’hui encore les expérimentations meurtrières n’ont cessé, les « lots » de prisonniers condamnés étant tout simplement remplacés par un terrain de jeux bien plus vaste, et des bénéfices bien plus conséquents : le marché mondial.

Marché mondial où l’on voit chaque jour apparaître et disparaître de nouveaux médicaments et vaccins tuant un nouveau groupe d’individus, avant de passer au suivant.

Qui est Monsanto ?
Compte tenu du tableau que nous venons de dresser, nous pourrions croire qu’il n’existe pas pire… Que nenni !

C’est sans compter sur Monsanto, digne successeur génocidaire de son nouveau partenaire, étant pour sa part à l’origine :

 → des polychlorobiphényles ou PCB, un agent cancérigène aujourd’hui considéré comme l’une des plus graves menaces chimiques au monde,

 → de la saccharine de synthèse, agent hautement iatrogène utilisé dans le Coca-cola,

 → du maïs transgénique, propageant des pollens détruisant les végétaux non OGM autour d’eux,

 → du caoutchouc synthétique et plastique,

 → de la recherche d’uranium pour le développement de la bombe Atomique,

 → des pesticides à base de dioxine,

 → de la création de l’agent orange, à base de dioxine, tout d’abord utilisé pendant la guerre du Vietnam puis pour tenter d’empoisonner le candidat Ukrainien Viktor Iouchtchenko, chef de file de la Révolution orange,

 → de l’introduction de l’aspartame dans l’alimentation et les sodas,

 → de la création d’innombrables faux rapports scientifiques visant à protéger la commercialisation des poisons qu’ils fabriquent et distribuent,

 → de la mise au point d’une pléthore de denrées OGM (céréales, colza, coton, soja…) destinées à supporter leur pesticide phare,

 → du fameux Roundup,

 → de l’extermination des abeilles, pour forcer la vente d’espèces OGM auto-reproductrices et finir de coloniser le reste de la terre,

 → du rachat des plus importants concurrents dans leur domaine comme Searle, Pharmacia & Upjohn et tant d’autres,

 → ainsi que d’un partenariat des plus inquiétants avec DuPont, un lobby au moins aussi puissant et dévastateur dont je vous ai déjà parlé dans cet article.
http://www.reponsesbio.com/2016/07/06/vetements-chanvre-plus-chers/

Et tant d’autres aberrations, que la liste semble sans fin.
Cependant c’est au niveau du brevetage du vivant, et de la création de lois prolongeant parfaitement la pensée nazie que Monsanto et ses complices espèrent finalement parvenir à remplacer Dieu.

Le plus bel exemple en est la grossière compilation et promotion de la loi HR 875, sur la Modernisation de la Sécurité Alimentaire.
https://www.govtrack.us/congress/bills/111/hr875/text

Cette « loi » criminelle validée par la FSA (Food Safety Administration) sur laquelle Monsanto effectue un contrôle évident, donne le droit à l’agriculture industrielle de se proclamer comme étant la forme d’alimentation la plus sûre au monde.

Selon ce texte dément, même les propriétaires de potagers bio privés sont potentiellement passibles d’amendes et d’emprisonnement dans la mesure où ils n’utilisent pas de pesticides et d’engrais chimiques style Roundup, sans lesquels Monsanto jure que vous risquez de propager des maladies mettant la santé humaine en péril, preuves scientifiques à l’appui.

Et à défaut d’une indignation générale, ou même d’une simple réaction de la part des autres gouvernements, cette loi semble aujourd’hui s’appliquer indirectement à la planète tout entière.

En Inde, les agriculteurs faisant faillite suite aux mauvaises récoltes provoquées par les pollens des plantes OGM avoisinant, vont même jusqu’à se suicider en buvant du Roundup, d’une part pour permettre à leur famille de toucher une assurance vie, et d’autre part pour désigner clairement le coupable.

Pendant ce temps, Monsanto réagit en offrant son soutien aux agriculteurs démunis tout en se faisant encenser par les médias pour ses œuvres de charité.  

Le Business Plan destiné à éradiquer les abeilles et détruire les espèces végétales non OGM semble, jusqu’à présent, presque imparable.

Pour enrayer ce carnage, il suffirait pourtant de refuser globalement les produits que proposent Bayer-Monsanto et consorts, pour ne consommer que des aliments bio et des remèdes de santé naturels, en écoutant son corps et son environnement…

Mais en pratique la majorité des êtres humains font tellement confiance aux recherches de ces entités de mauvaise augure, que nous ne semblons pas prêts à nous donner la main pour refuser le pire.

Pourtant, comme le promet cette récente fusion, le pire est sans doute à venir.

Peut-on faire pire que le pire ?
D’aucuns affirment que l’optimisme est chose si précieuse qu’il a le pouvoir de tout faire basculer en un instant.

Bien qu’il soit évident qu’après avoir vu l’ancien président américain, Obama, laisser passer la loi sur la « modernisation alimentaire », et le président actuel, Trump, voter à son tour en faveur de l’union Monsanto-Bayer, on comprend bien que le pouvoir n’est plus entre les mains du gouvernement de la première puissance mondiale.

En est-il de même partout ?
Par conséquent, et puisque par définition le pire ne peut qu’appeler le bon sens de chacun à systématiquement refuser de consommer ce qui découle de ce commerce, je vous invite aujourd’hui à signer une charte, notre charte.
http://info.reponsesbio.com/la-charte-de-reponses-bio

Elle vous permettra d’être parfaitement convaincu de ne jamais apporter directement ou indirectement votre soutien à une entreprise participant à ce phénomène d’industrialisation, tout en soutenant celles destinées à lutter contre l’éventualité d’une planète où le monde végétal serait réduit à de vastes champs OGM.

Par ailleurs, le principe de précaution concernant les pollutions reconnues ou non reconnues officiellement, mais regardées comme probablement suspectes aux yeux de chercheurs indépendants, y sera entièrement respecté.

C’est en atteignant les plus intolérables des souffrances, qu’il nous vient à tous l’impérieux besoin de changer définitivement.

Or, dans un monde où l’argent est roi, quelle meilleure parade que de placer le sien dans des solutions aux répercussions réellement vitales ?

L’espoir que cette charte détrône Monsanto est peut-être vain, malgré tout cet espoir vaut tous les peut-être.
http://info.reponsesbio.com/la-charte-de-reponses-bio

Jean-Baptiste Loin

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Dernière édition par Libellule le Sam 25 Mar 2017 - 20:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Monsanto- Rondup et Bayer   Sam 25 Mar 2017 - 19:54

Ce dossier me tient particulièrement à coeur et je rajoute tous les renseignements que je trouve

source https://theconversation.com/roundup-que-peut-linitiative-citoyenne-ban-glyphosate-73408
Roundup : que peut l’initiative citoyenne « Ban glyphosate » ?
5 mars 2017


Depuis plusieurs années, l’ONG de protection de l’environnement Greenpeace réclame l’interdiction du glyphosate, principal ingrédient du désherbant Roundup commercialisé par la firme américaine Monsanto.

Dénoncé comme néfaste pour l’environnement, il est aussi accusé d’être une menace pour la santé. Des études l’ont en effet identifié comme perturbateur endocrinien.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22200534
Ces substances, que l’on retrouve dans une foule d’objets, des plastiques aux cosmétiques, sont soupçonnées de modifier le fonctionnement hormonal humain, contribuant ainsi à l’augmentation de certaines maladies, dont les cancers du sein et de la prostate.

Sur le plan économique, le Roundup constitue le produit phare de Monsanto, qui en a écoulé 825 000 tonnes en 2014. C’est un élément clé de la stratégie de verrouillage de la firme, car les semences génétiquement modifiées (et non reproductibles) vendues par Monsanto sont résistantes au Roundup. Or, en juin 2016, la Commission européenne a décidé de prolonger l’autorisation de ce produit au sein de l’Union européenne pour 18 mois supplémentaires. Début mars, la Commission a refait parler d’elle sur le front des perturbateurs endocriniens en renonçant à les définir, empêchant ainsi un contrôle plus efficace de ces substances.

Mais le souhait de Greenpeace pourrait bien devenir réalité. Une coalition de 38 ONG issues de 14 États membres de l’Union européenne est en effet à l’origine de l’enregistrement par la Commission européenne d’une initiative citoyenne européenne (ICE) intitulée « Ban glyphosate ».

S’il est difficile de prédire les chances de succès de ce mécanisme introduit par le Traité de Lisbonne,
http://www.robert-schuman.eu/fr/comprendre-le-traite-de-lisbonne
l’ICE constitue un nouveau droit politique pour les citoyens européens.

Obtenir un million de signatures
La Commission a enregistré l’ICE « Ban glyphosate » le 25 janvier 2017, ouvrant ainsi la période de douze mois au cours desquels les signatures doivent être collectées par les organisateurs. Plus d’un million de signatures émanant d’au moins sept États membres (sur 28) devront être recueillies afin que l’ICE soit jugée recevable. Un nombre minimal de ces signatures par État est également fixé (par exemple, 72 000 pour l’Allemagne ; 55 500 pour la France ; 15 750 pour la Belgique ou 4 500 pour le Luxembourg).

Enfin, pour être acceptée, l’action proposée comme ICE se doit de ne pas être manifestement abusive, fantaisiste ou vexatoire, ni être manifestement contraire aux valeurs de l’UE.

Les organisateurs espèrent recueillir le maximum de signatures dans un délai de 4 à 5 mois, afin de pouvoir peser sur le processus législatif. Ils en auraient déjà rassemblé plus de 250 000. S’ils dépassent l’objectif du million de signatures provenant d’au moins sept États membres, la Commission disposera d’un délai de trois mois pour faire droit ou non à la demande. En toute hypothèse, elle devra motiver sa décision, sous peine de voir annuler celle-ci par le Tribunal de l’Union, comme cela s’est produit pour l’ICE « Minority SafePack : One million signatures for diversity in Europe ».

Une authentique innovation juridique
L’ICE est un mécanisme inédit de démocratie semi-directe. Elle représente le premier droit collectif des citoyens de l’Union, et ne contient aucune dimension référendaire, les citoyens ayant seulement un pouvoir de proposer. Elle ne doit pas être confondue avec le droit de pétition, qui peut être exercé individuellement ou collectivement par un groupe de citoyens auprès du Parlement européen. En l’occurrence, dans un délai de trois mois après avoir recueilli le nombre de signatures requis, les organisateurs rencontrent la Commission, ont la possibilité de présenter leur ICE au Parlement européen. Enfin, la Commission adopte une réponse officielle.

Le fait que l’ICE s’applique à l’échelle de l’UE, et n’entre pas dans les traditions constitutionnelles communes aux États membres, permet d’affirmer qu’elle constitue une réelle innovation juridique. Elle représente également une avancée sous l’angle de la citoyenneté de l’Union, car les États membres n’interviennent pas dans son organisation. C’est justement ce qui permet de la qualifier d’instrument de démocratie participative.

L’une des principales difficultés pour les porteurs d’une ICE est d’en organiser une sur un sujet véritablement transnational. Elle doit permettre une réponse à une préoccupation d’importance qui ne se limite pas à certaines zones ou à une partie du territoire de l’UE.

Agir face à l’inertie de la Commission
L’ICE « Ban glyphosate » est lancée pour aboutir autant que possible à l’interdiction du glyphosate, qui est l’herbicide le plus utilisé en Europe. À vrai dire, elle est bien plus ambitieuse, car elle contient un triple objectif législatif.

Il s’agit tout d’abord d’interdire les herbicides à base de glyphosate, en raison des répercussions négatives sur la santé des êtres humains (risque de cancers) et sur l’environnement (dégradations des écosystèmes) ; de réformer la procédure d’approbation des pesticides, car les autorités de régulation de l’UE accordant l’agrément européen doivent s’appuyer sur des études commandées par les pouvoirs publics et non par les industriels de la chimie ; enfin, de fixer à l’échelle de l’Union des objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides.

L’ambition de l’ICE s’explique assez aisément, du fait de l’inaction, voire de l’impéritie, de la Commission européenne dans le domaine de l’agrochimie. En effet, saisi par la Suède, le Tribunal de l’Union a constaté en décembre 2015 sa carence à propos des produits biocides. Et ses propositions récentes du 15 juin 2016 sont critiquées tous azimuts !

La Médiatrice de l’UE a quant à elle blâmé début 2016 la procédure de données de confirmation d’autorisation des pesticides et demandé à la Commission de lui rendre un rapport à ce propos d’ici au 18 février 2018.

Une citoyenneté plus active
Tout comme le Tribunal Monsanto, qui cherche à provoquer un « réveil de la conscience juridique des peuples » et à faire évoluer le droit international, l’ICE « Ban glyphosate » permet aux citoyens européens de s’investir dans l’élaboration de la législation européenne.
https://theconversation.com/tribunal-monsanto-la-societe-civile-se-saisit-des-crimes-contre-la-nature-67115

L’ICE n’a pour l’instant connu qu’un succès mitigé. Sur un peu plus de 50 initiatives ayant fait l’objet d’une demande d’enregistrement, seules trois ont été jugées recevables : « Stop vivisection » ; « Un de nous » ; « L’eau et l’assainissement sont un droit humain ! L’eau est un bien public, pas une marchandise ! »
http://ec.europa.eu/citizens-initiative/public/initiatives/successful

Il est malgré tout essentiel que les citoyens européens aient la possibilité de contribuer au lancement de propositions contribuant à l’exercice du pouvoir législatif au sein de l’UE. En sa qualité d’instrument de démocratie participative ou de mobilisation démocratique si l’on préfère, elle apparaît ainsi comme un complément utile de la démocratie représentative.

De surcroît, en raison de l’apparition d’un lien direct entre les citoyens de l’Union et la Commission européenne, celle-ci peut se prévaloir d’un mandat populaire. Ce canal démocratique, transitant par l’ICE, peut gommer quelque peu la vision souvent jugée « technocratique » de cette institution, mais également avoir un impact sur l’équilibre institutionnel.

Avec l’ICE, le Parlement européen n’est plus le vecteur unique de la légitimation démocratique des actes législatifs de l’UE. Mais si elle permet d’influer sur la détermination de l’agenda politique, elle n’est cependant pas un remède miracle au sentiment de déficit démocratique – réel ou supposé –, régulièrement pointé du doigt au sein de l’Union européenne.

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MessageSujet: Re: Monsanto- Rondup et Bayer   Lun 27 Mar 2017 - 22:56

source https://www.santenatureinnovation.com/
Chère lectrice, cher lecteur,  

Le Dr Dominique Rueff prône, depuis plus de quarante ans, un exercice de la médecine plus global incluant entre autres l'homéopathie, l'acupuncture, la phytothérapie, l'oligothérapie et surtout la nutrition et la supplémentation nutritionnelle personnalisée.

Son approche est en droite ligne avec les recherches et publications du docteur Catherine Kousmine avec qui il anima plusieurs conférences.

Le Dr Rueff a fondé en 2009 avec des confrères, le groupe "CHRONIMED" qui se réunit régulièrement avec le Professeur Luc Montagnier, Prix Nobel de Médecine 2008, afin de faire avancer les recherches dans ce domaine et de contribuer à la publication de certaines sur le blog : http://www.psychostrategy.net/

Auteur de nombreux ouvrages à propos de médecine dite "intégrative", il publie depuis 2015 une lettre d'information gratuite qui relate ses expériences personnelles de plus de 40 ans. Il propose la synthèse de différentes approches thérapeutiques. Aujourd'hui retraité, il se consacre entièrement à la nutrition et à ses publications.

Jean-Marc Dupuis

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C'est sur ce blog que j'ai trouvé cet article intéressant
source  http://www.psychostrategy.net/l-agence-europeenne-des-produits-chimiques-interpellee-sur-le-dossier-glyphosate

7 mars 2017
Glyphosate
L’Agence européenne des produits chimiques interpellée sur le dossier glyphosate

Plusieurs ONG dénoncent des conflits d’intérêts au sein du groupe d’experts chargés d’évaluer la cancérogénicité du célèbre herbicide.

Faut-il interdire le glyphosate ?
A la veille de l’adoption d’un rapport crucial pour l’avenir du glyphosate, les organisations non gouvernementales (ONG) ne relâchent pas la pression.

Lundi 6 mars, elles ont adressé au directeur général de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) une lettre protestant contre des conflits d’intérêts qui, selon elles, minent l’impartialité de l’expertise de l’organisme.

Les enjeux sont considérables : l’agence basée à Helsinki, en Finlande, doit rendre à compter du mercredi 8 mars une évaluation de la cancérogénicité du glyphosate qui pèsera lourd dans la décision de le réhomologuer en Europe.

Principe actif du célèbre herbicide Roundup, il est le pesticide de synthèse le plus utilisé en Europe et dans le monde, où il s’en épand plus de 800 000 tonnes par an.

Une quarantaine d’ONG européennes lancent une initiative citoyenne contre le glyphosate

« Nous sommes préoccupés par le fait que plusieurs membres, ainsi que le président, du comité d’évaluation des risques de l’ECHA apparaissent avoir des conflits d’intérêts », écrivent les signataires, parmi lesquels Greenpeace, Testbiotech, le Réseau environnement santé ou encore Health and Environment Alliance, une coalition d’une soixantaine d’associations de la société civile, de syndicats de soignants ou encore de mutuelles.

Les associations pointent en particulier deux scientifiques du groupe d’experts, employés par des « institutions scientifiques qui génèrent des revenus par le biais de conseils en évaluation du risque fournis à l’industrie chimique,

« Le cas de l’un des experts que nous pointons et particulièrement problématique, car cette personne défendait des dossiers d’industriels devant l’ECHA », explique Martin Pigeon, chercheur pour CEO, une organisation de lutte contre le lobbying à Bruxelles, cosignataire de la lettre.

Quant au président du comité, écrivent les organisations signataires de la protestation, il a « travaillé pour deux sociétés comme consultant pour l’industrie chimique pendant plus de vingt ans et ses contrats se sont interrompus le 31 août 2012, la veille du jour où il a pris son poste de président du comité d’évaluation des risques » de l’ECHA.

Ce comité est composé d’une cinquantaine d’experts, nommés par les Etats membres, qui interviennent à des degrés divers en fonction des dossiers traités.
Aucune « cause de préoccupation »

Or, rappellent les ONG dans leur courrier, selon les critères de l’ECHA, un conflit d’intérêts survient « lorsque l’impartialité et l’objectivité d’une décision, d’une opinion ou d’une recommandation de l’agence (…) est compromise, où peut être perçue comme telle par le public, par un intérêt détenu par ou confié à un individu travaillant pour l’agence ».

Ces « intérêts » qui pourraient interférer avec le travail de l’ECHA sont le fait d’être employé par « des sociétés, des cabinets de consultant, des institutions de recherche ou toute autre entreprise dont le financement provient de sources commerciales de manière significative », selon les principes de l’agence européenne.

Ceux-ci précisent que les liens d’intérêts de moins de cinq ans doivent être pris en compte.
« De nombreux chercheurs se considèrent sincèrement très au-dessus de leurs connivences »
Pour les organisations signataires, les experts pointés sont donc, « selon les propres critères de l’ECHA », en situation de conflits d’intérêts.

Ce n’est toutefois pas l’opinion de l’agence européenne. Interrogée par Le Monde, celle-ci fait valoir que les déclarations d’intérêts des intéressés « ne constituent pas une cause de préoccupation en termes de conflits d’intérêts en relation avec le glyphosate ».
« Ces deux membres du comité d’évaluation des risques [de l’ECHA] travaillent pour des institutions nationales respectées qui offrent des services de consultance à l’industrie, ce qui est une pratique normale », ajoute-t-on.
En outre, l’agence précise que les deux experts pointés par les ONG ne sont ni rapporteurs ni réviseurs de l’expertise glyphosate.
En outre, assure-t-on à l’ECHA, avant chaque séance, les experts en conflit d’intérêts avec le sujet abordé se démettent et sont alors remplacés.
L’agence mentionne ainsi un cas où le président du comité s’est démis pour laisser un tiers siéger à sa place.

Glyphosate, « et si tout n’était qu’un théâtre d’ombre ? »
Saga scientifique et réglementaire
Ce n’est cependant pas tout.

Les ONG reprochent aussi à l’ECHA de fonder en partie son expertise à propos du glyphosate sur des études fournies par les industriels producteurs de glyphosate, et non publiées.
« Le glyphosate et sa cancérogénicité potentielle sont un enjeu primordial pour des millions d’Européens et les scientifiques chargés des avis de l’ECHA doivent être totalement indépendants, sans soupçon possible de conflits d’intérêts avec l’industrie, dit Franziska Achterberg, chargée des questions alimentaires à Greenpeace Europe.
Il faut mettre fin à l’utilisation des études non publiées qui viennent de l’industrie, afin que les décisions des agences européennes puissent être vérifiées indépendamment.
»

Cette question – celle de la nature des études qui fondent l’expertise – est la clé d’une saga scientifique et réglementaire qui dure depuis deux ans.
En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer classe le glyphosate comme « cancérogène probable » pour l’homme.

L’agence, chargée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’inventorier les agents cancérogènes, s’appuie uniquement sur des études publiées dans la littérature scientifique.

Cette classification intervenait alors que la substance était en cours de réévaluation en Europe et aux Etats-Unis en vue de sa réhomologation.

Roundup, le pesticide divise l’Union européenne et l’OMS
Au contraire, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a, à l’automne 2015, déclaré la même substance improbablement cancérogène, en se fondant essentiellement sur des études industrielles non publiées.

De même, le groupe d’experts joint de l’OMS et de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) sur les résidus de pesticides déclarait en mai 2016 l’herbicide probablement non cancérogène par voie alimentaire, en s’appuyant aussi partiellement sur des études non publiques, fournies par le secteur agrochimique.

Dans les deux cas, les organisations de défense de l’environnement et de la santé ont dénoncé des conflits d’intérêts entre certains experts sollicités et les industriels.

L’avis de l’ECHA, attendu pour le 8 ou le 15 mars, doit arbitrer entre ces positions divergentes et débloquer le processus réglementaire européen – réautoriser ou interdire le glyphosate sur le continent.

Mais il ne mettra pas fin à la controverse.
Glyphosate, « too big to fail » ?
Par Stéphane Foucart Le 7 mars 2017.

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